À propos de la ville

L'histoire de Crépy-en-Valois

Une ville millénaire, capitale du comté puis du duché de Valois, témoin de dix siècles d'histoire de France.

Crépy-en-Valois est une ville millénaire. Les premiers récits datent des alentours de l'an mil, mais le site a probablement été occupé dès la préhistoire. C'est donc une vieille histoire, passionnante, intimement liée à celle de la France. Tout au long de cette histoire, de par sa situation sur le territoire, Crépy est le témoin — et parfois l'objet — de conflits, d'ambitions, d'invasions et de guerres.

L'histoire de Crépy est aussi celle des hommes et des femmes qui ont marqué la ville, tant par leur personnalité, leur ambition et leur courage que par leurs actions, qui lui ont permis de prospérer mais aussi de traverser des époques difficiles, troublées, parfois dramatiques, et de s'en relever. Crépy leur doit de beaux et solides monuments — château, remparts, église Sainte-Agathe, église Saint-Denis, collégiale Saint-Thomas, places, anciennes demeures… — et un héritage patrimonial magnifique, toujours apprécié et visité aujourd'hui.

Plan de Crépy au XVIIIe siècle — Carolus Barre
Dix siècles d'histoire

De la fondation du château à la ville d'aujourd'hui

XIe siècle
Scène médiévale, enluminure
Scène de cour, enluminure médiévale

1. Les premiers temps

Constitué d'un promontoire rocheux entouré des vallons de Sainte-Agathe et des Taillandiers, le site de Crépy se prête naturellement à la défense et offre une protection contre les invasions qui se sont succédé au cours des siècles.

Le devenir de la ville est attaché à la dynastie capétienne qui, au début du nouveau millénaire, est encore jeune. La prospérité de Crépy-en-Valois est dès lors liée à la proximité de ses comtes avec la Couronne de France. À la puissance, au rayonnement et au prestige de ces seigneurs, Crépy doit l'édification d'un château, de remparts, de monastères, d'églises et de divers monuments, dont la plupart ont laissé des vestiges encore visibles de nos jours.

L'un des plus anciens textes nous concernant, le récit du moine Helgaud, relate l'autorisation donnée par Robert, roi capétien, au comte de Crépy, Gauthier, de construire l'abbaye de Saint-Arnoul à l'intérieur de son château. Bâti sur le promontoire rocheux, le château est à la fois un lieu de pouvoir et un lieu économique ; il est fortifié.

Un petit-fils de Gauthier le Blanc, Raoul de Crépy, hérite de ce petit comté du Valois et va donner son essor au bourg : il agrandit obstinément ses possessions toute sa vie et fait de Crépy la capitale du Valois. Raoul est l'un des personnages qui ont construit l'histoire de la ville et du Valois. Tous les textes s'accordent à vanter sa personnalité hors du commun ; il est considéré comme l'un des hommes les plus puissants de la cour. Il épouse en secondes noces la veuve du roi de France, Anne de Kiev, dans les années 1060. Il est assez rare qu'une reine mère se remarie, car on considère en général qu'elle ne peut trouver aussi bien que son premier mari, qui était roi : cela en dit long sur l'importance et la puissance de Raoul III aux yeux de ses contemporains.

Crépy sera dirigé par ces comtes influents, en particulier Raoul de Vermandois, dit le Borgne, petit-fils du roi Henri Ier et régent du royaume avec Suger pendant la croisade du roi Louis VII. En 1213, faute de descendants dans cette lignée, le Valois, avec Crépy pour capitale, est rattaché à la Couronne de France ; il fait dès lors partie du domaine royal et devient duché en 1406. En 1328, Philippe de Valois, suzerain de Crépy, devient le roi Philippe VI et règne jusqu'en 1350. Ainsi, treize rois de France seront des Valois, de 1328 à 1589. À partir de 1630, c'est la famille d'Orléans, frères des rois de France, qui en hérite.

XIIe siècle
L'ancien couvent de Saint-Arnoul en 1795
L'ancien couvent de « Saint-Arnoul » (1795)

2. L'essor économique (XIe – XIIIe siècle)

L'essor économique s'étend du XIe au XIIIe siècle. Il est d'abord porté par la présence des reliques de saint Arnoul, qui attirent un grand nombre de pèlerins. S'y ajoute la prospérité apportée par les foires, en particulier les foires de Champagne. Crépy est sur la route de Flandre et d'Angleterre, d'où viennent et où vont de nombreux négociants : comptoirs de marchandises, hôtelleries et auberges se multiplient alors dans la cité.

Ces échanges portent sur le drap, le vin, le cuir et le bétail, notamment les porcs. Ce commerce est si important que Crépy dispose alors de sa propre monnaie. Cette animation enrichit la population crépynoise, ce qui se concrétise par le droit, octroyé par Philippe Auguste aux bourgeois, de fonder une commune.

À cette époque, la ville est entourée d'une enceinte, de la porte Sainte-Agathe à la porte de Compiègne, voire jusqu'à la rue Nationale.

Du XIIe au XVIIIe siècle
Plan de Crépy au XVIIIe siècle
Plan de Crépy au XVIIIe siècle — Carolus Barre

3. Le ralentissement économique

Avec le déclin des foires de Champagne, Crépy connaît des difficultés économiques à partir de la seconde moitié du XIIIe siècle. La ville perd son statut de commune en 1329. Elle est très touchée par la guerre de Cent Ans, qui oppose le royaume d'Angleterre au royaume de France de 1337 à 1453 : on estime qu'elle perd au moins la moitié, peut-être les deux tiers de sa population, qui ne compte plus qu'environ 850 habitants au XVe siècle. Au début de ce siècle, Charles d'Orléans tente pourtant de lui redonner un certain essor : il diminue les impôts, permet aux habitants de se servir des pierres du château en ruine pour construire leurs maisons et accorde deux jours de foire par an. Mais cela ne suffit pas. C'est à cette période que Jeanne d'Arc, qui mène bataille contre les Anglais dans la région, passe à Crépy en allant à Compiègne, où elle sera arrêtée par les Bourguignons.

Dans la seconde moitié du XVIe siècle, Crépy subit de nouveau les guerres entre les protestants (ou réformés) et les ligueurs, le parti catholique. C'est alors que naît la légende des cochons de Crépy. C'est aussi à cette époque que les rois de France, qui chassent dans la région, préfèrent Villers-Cotterêts : cette préférence entraîne lentement l'affaiblissement de Crépy, jusqu'à la Révolution française.

Au XVIIIe siècle sont construites les portes de Paris et de Saint-Lazare, pour délimiter la ville.

Lors de la Révolution française, les lieux de culte sont fermés ; la plupart des bâtiments se détériorent, quand ils ne disparaissent pas.

XIXe siècle
La Porte de Paris, Crépy-en-Valois
La Porte de Paris (XVIIIe siècle)

4. Le renouveau au XIXe siècle

Il faut attendre l'arrivée du chemin de fer en 1861, la construction de l'usine d'ameublement Clair en 1873, puis celle des établissements Cardin, pour que la ville retrouve sa vitalité économique. Grâce à son maire, Gustave Chopinet, la ville suit le progrès : l'éclairage au gaz apparaît dans les rues ; en 1866, des trottoirs sont aménagés ; et en 1869, ceux qui paient un abonnement disposent de « l'eau courante » et n'ont plus à aller au puits. Ces puits sont d'ailleurs bientôt remplacés par des bornes-fontaines.

Les concours agricoles participent à ce dynamisme, tout comme la reprise des foires, qui se tiennent quatre jours par an, un marché aux grains très important, les cultures maraîchères et la production de farine grâce aux moulins établis le long de l'Automne.

XXe siècle

5. Le XXe siècle et les deux guerres mondiales

En 1905, la population atteint 5 214 habitants. La ville doit bien sûr « s'agrandir », et de nouveaux quartiers apparaissent. Comme tout le nord de la France, Crépy va subir les dégâts des deux guerres mondiales.

Première Guerre mondiale

La ville se trouve près des zones de combat et des zones de retraite des armées. Le passage des Allemands entraîne de nombreuses réquisitions et divers pillages en 1914. Proche du front, mais en zone française après le recul des Allemands, Crépy subit les affres de la guerre. La gare joue son rôle en permettant le transport des troupes et du matériel. Début 1918, la ville subit en outre d'importants bombardements.

Les bombardements de Crépy-en-Valois, vue générale côté Saint-Lazare
Les bombardements de Crépy, 1918

La ville de Levallois-Perret, qui adopte Crépy après la guerre (marraine de guerre), envoie des sommes importantes qui permettent d'accélérer la reconstruction. En 1920, en reconnaissance de son comportement héroïque, Crépy reçoit une distinction majeure, la croix de guerre, et son maire, Gustave Chopinet, est fait chevalier de la Légion d'honneur.

Monument aux morts par Albert Bartholomé
Monument aux morts, par Albert Bartholomé

Seconde Guerre mondiale

Le 3 septembre 1939, dans l'après-midi, le maire, Jean Vassal, fait annoncer l'état de guerre. Dès le début du conflit, tout le département de l'Oise se trouve dans la zone des combats. En mai 1940, les Allemands ajoutent une offensive aérienne à l'offensive terrestre : Laon, Soissons, Villers-Cotterêts puis Crépy sont bombardés, et les réfugiés affluent de nouveau. Suit la bataille de la Somme : pendant quatre jours, les bombardements se succèdent et les troupes s'affrontent sur le plateau, vers la ferme d'Hazemont. Les Français doivent décrocher, au prix de très lourdes pertes.

Les déplacements sont très contrôlés. Les rares voitures en circulation roulent déjà au charbon de bois. Il est interdit de sortir des limites du canton sans Ausweis ; pour aller à Paris en train, il faut une autorisation de la Kommandantur de Compiègne, et un couvre-feu est instauré de 22 h 30 à 5 h du matin.

Lorsque l'armistice est signé le 22 juin à Rethondes, Crépy est une ville ravagée : beaucoup de maisons sont éventrées, la plupart ont été pillées, et les Allemands occupent la ville. Pendant quatre ans, les Crépynois manquent de tout — vivres, gaz, charbon pour le chauffage — et vivent dans une ville en ruines, jusqu'à la fin de la guerre, lorsque des prisonniers allemands, sous la surveillance des Américains, dégagent ces ruines.

L'après-guerre

La ville va mettre plusieurs années à revivre. De nombreux Crépynois n'ont plus de maison et s'entassent dans des baraquements en bois construits à la hâte. Aidés par le maire Michel Dupuy, jeune médecin arrivé à Crépy en 1946, les habitants mettent tout en œuvre pour reconstruire leur ville et en faire une commune dynamique de 15 000 habitants. La société Poclain, née en 1947, participe grandement à ce dynamisme.

Ce sont tous ces personnages — de Gauthier le Blanc et ses héritiers, les comtes de Crépy, à ses différents maires, en passant par les ducs d'Orléans — qui ont façonné la qualité et la richesse de la ville. Il faut se promener dans Crépy-en-Valois pour y lire les empreintes de cette histoire.

Pour en savoir plus — Bibliographie

Reconstitution héraldique de Crépy, capitale du Valois à la fin du Moyen Âge
« Crespy », capitale du Valois vers la fin du Moyen Âge — reconstitution héraldique de Jean Clabaux
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